L’été a été moins agité qu’annoncé du côté de la Canebière. Deux arrivées et deux départs, une relative stabilité qui fait poindre un certain scepticisme chez les supporters olympiens. Logique au vu de la dynamique de la saison passée, peut-être moins si l’on observe attentivement la montée en régime des Olympiens durant la préparation…

A Marseille, c’est bien connu, on est friand de nouveauté, comme si la routine ne savait pas être appréciée à sa juste valeur. Alors forcément, au terme d’une saison sportive bien morne, on attendait du sang neuf sur le Vieux Port, et vite. A quelques encablures de la fin du mercato, Jacques-Henri Eyraud n’a pourtant annoncé que deux recrues (Alvaro et Benedetto), pour deux départs (Ocampos et Njie). Trop peu, alors que l’absence de profondeur de banc a longtemps expliqué le manque de consistance physique des troupes de Rudi Garcia. Des grands noms sont-ils espérés sur le tard ? Pas forcément, à en croire le rétropédalage d’André-Villas Boas. De «quatre à cinq arrivées» le 21 juillet, le technicien portugais n’en espère plus qu’une ou deux : «Nous n’avons pas d’argent (rires) ! C’est dommage, mais c’est la réalité». La manne financière est limitée, et le navire tangue toujours.

Des arrivées en stand-by… et des départs à prévoir ?

Certes, l’OM s’est pourvu à un poste devenu prioritaire, celui d’avant-centre. Mais Dario Benedetto est-il l’homme qu’il fallait ? Venu garnir les tribunes de l’Orange Vélodrome dimanche dernier, l’ancien de Boca ne lève pas tous les doutes qui existaient à ce poste. Parce qu’il arrive blessé au mollet et que depuis sa rupture des ligaments croisés fin 2017, il ne retrouve plus son niveau d’antan. Si sa grinta sud-américaine devrait lui mettre les virages dans la poche, ses maigres stats de l’an passé (cinq buts en vingt-six rencontres) ne suffiront peut-être pas pour faire oublier Mario Balotelli, qui en avait planté huit en quinze matches sous le maillot olympien. Pipa, néanmoins, ne se cache pas et piaille son impatience : «Je me sens prêt pour la deuxième journée, si le coach est d’accord», martelait-il lors de sa présentation.


Autre point chaud, le dossier du latéral gauche est à la traîne. Face aux performances en dents de scie de Jordan Amavi, la piste Ryan Sessegnon a un temps été évoquée mais semble irréalisable au regard de la concurrence (Tottenham) et du prix exigé par Fulham (trente millions d’euros). Celle du jeune Juan Miranda tarde également à se concrétiser, le Barça étant réticent à se séparer sans clause de rachat d’une perle de la Masia. Le coach portugais espère surtout ne pas subir une razzia d’ici la fin du mercato. Sakai, Thauvin, Sanson ou Strootman ont tour à tour été sollicités et le seront encore jusqu’au 31 août.

La patte Villas-Boas s’impose

Sur le rectangle vert, après un succès inaugural sans enseignement contre les U23 de Stoke City (1-0), une défaite timide à Accrington (1-2) puis une gifle sur la pelouse des Glasgow Rangers (0-4) déclenchaient la première salve de critiques. Avant une tournée aux Etats-Unis ponctuée de trois succès en trois matches, face à Bordeaux (2-1) et Saint-Etienne (2-1) lors des EA Ligue 1 Games, puis DC United (8-1). Des rencontres au cours desquelles Dimitri Payet et Kevin Strootman se sont montrés particulièrement en jambes. En confiance, les Olympiens s’imprègnent peu à peu du 4-3-3 d’AVB, et même la défaite face à Naples (0-1) laisse entrevoir une marge de progression sensible.


Autre point positif de la préparation, l’utilisation des jeunes, une exception ces dernières années. Lucas Perrin, quatrième défenseur dans la hiérarchie, a donné raison à son entraîneur avec de belles performances à la clé, tout comme Florian Chabrolle. La pépite Isaac Lihadji, dix-sept ans, s’est aussi montrée au grand public et pourrait parapher son premier contrat professionnel. Le symbole d’une nouvelle philosophie prônée par Jacques-Henri Eyraud dans l’Equipe quelques semaines auparavant : «On va passer à un modèle qui reposera sur la formation, sur la post-formation, sur des profils à former, à valoriser, et sur la diversification des sources de revenus.»


A contrario, le secteur défensif ne rassure toujours pas. En dépit du nouvel arrivant Alvaro Gonzalez, l’arrière-garde phocéenne n’a pas encore trouvé son taulier, avec minimum un but encaissé à chaque rendez-vous. «Nous sommes trop friables, trop fébriles sur les coups de pied arrêtés, souvent en difficulté par manque de marquage ou de concentration, nous devons travailler là-dessus», soulignait Steve Mandanda. Pis, Jordan Amavi et Valère Germain inquiètent, le dernier ayant même été laissé sur le banc au profit de Dimitri Payet contre Naples. Florian Thauvin, Maxime Lopez et Luis Gustavo ont quant à eux été blessés et restent incertains pour la réception de Reims samedi (17h30). Une première qui devrait en dire plus sur les réelles ambitions de l’OM.


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