Le réseau social Instagram, propriété de Facebook, a coupé l’accès à sa plateforme à une start-up publicitaire américaine, Hyp3r, accusée d’avoir utilisée abusivement les données partagées par ses utilisateurs, selon un communiqué transmis jeudi à l’AFP.

« Les pratiques de Hyp3r n’étaient pas approuvées et enfreignent nos règles », et « par conséquent, nous les avons retirées de notre plateforme », a indiqué le réseau de partage d’images, qui revendique un milliard d’utilisateurs dans le monde.

Instagram affirme également avoir effectué un changement technique pour empêcher d’autres sociétés d’extraire automatiquement des données d’utilisateurs à partir des pages concernant des lieux, qui ne seront désormais plus accessibles publiquement.

D’après le média en ligne Business Insider, la société Hyp3r, basée à San Francisco (Californie), a recherché et sauvegardé les données partagées publiquement par des « millions d’utilisateurs Instagram » visitant certains lieux (hôtels, casinos, aéroports, clubs de sports, etc.) afin de construire des descriptions détaillées de personnes exploitées ensuite par des annonceurs.

Selon des captures d’écran des interfaces de Hyp3r et des informations du média, la société compilait les allées et venues des utilisateurs, leurs biographies personnelles et même les photos des « stories » dont la durée de vie est normalement limitée à 24 heures.

Le volume de données obtenues et sauvegardées par Hyp3r n’est pas connu, mais la société se vantait d’avoir constitué « une base de données unique de centaines de millions de consommateurs de haute valeur dans le monde ».

La question de la confidentialité des données des utilisateurs de réseaux sociaux est un sujet particulièrement sensible pour Facebook, qui s’est vu imposer une amende record de 5 milliards de dollars par les autorités fédérales américaines en juillet pour avoir « trompé » les utilisateurs sur leur capacité à contrôler la confidentialité de leurs informations personnelles.

Cela faisait suite au scandale Cambridge Analytica, du nom d’une société anglaise accusée d’avoir détourné les données de 87 millions d’utilisateurs du premier réseau social mondial pour influencer l’élection présidentielle américaine de 2016.

Partenaire marketing de Facebook, Hyp3r a d’abord utilisé les accès prévus par le réseau social pour interagir avec la plateforme Instagram. Mais quand certaines possibilités d’accès, dont celle de faire des recherches à partir de lieux précis, ont été réduites suite au scandale Cambridge Analytica, Hyp3r aurait développé sa propre technique pour accéder aux informations désormais indisponibles, selon Business Insider.

AFP

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